Le 1er mai 2019 au Togo

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Le monde entier célèbre le premier mai, la journée internationale des travailleurs. Au Togo, les travailleurs ont observé cette journée par diverses manifestations. A Lomé, la coordination des centrales syndicales du Togo (CCST) a mobilisé les travailleurs pour le traditionnel défilé, qui a sillonné les artères de la capitale avant de chuter à l’esplanade du Palais des Congrès.  Apres cette rencontre générale, qui s’est déroulée en présence des membres du gouvernement, des députés, les opérateurs économiques et autres personnalités s’y sont retrouvés pour la traditionnelle cérémonie de remise de cahiers de doléances.

La journée du premier mai est une occasion, de par le monde, de présenter au gouvernement et aux employeurs du secteur privé des doléances en vue d’améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs. Au Togo, les centrales syndicales, d’une seule voix ont remis au gouvernement leur cahier de doléances. Ils soutiennent entre autres, le relèvement de la valeur indiciaire et le rétablissement par le gouvernement, à partir de 2020, de l’indemnité de départ à la retraite des fonctionnaires, la construction des maisons de retraite et la création du Conseil Economique et Social (CES). Ceci, tel qu’annoncé par le Président de la République Faure Essozimna GNASSIMGBE dans son discours à la nation, à la veille de la fête de l’indépendance.

Dans ce cahier de doléances, présenté par le secrétaire général du Groupe des Syndicats Autonomes (GSA), M. Adjé Koffi Guezo, les centrales syndicales se félicitent de l’évolution des discussions entre elles et le gouvernement. Elles souhaitent, par ailleurs, la finalisation de la révision du code du travail, en tenant compte des problèmes liés à la sous-traitance, l’application des dispositions de la convention collectives interprofessionnelle et l’adoption des conventions sectorielles dans le secteur privé. Les centrales syndicales demandent le renforcement des textes régissant le secteur minier, avec un accent particulier sur la sécurité et la protection des travailleurs dans les industries, la clarification de la situation de l’enseignement confessionnel, la revalorisation et le payement à terme échu des pensions de retraite dans le public comme dans le privé. Des syndicats posent également le problème d’harmonisation de l’âge de départ à la retraite, le reclassement en catégorie A3 des fonctionnaires en poste dans l’administration générale, titulaire de la licence, classés actuellement en catégorie B, le renforcement des mesures de sécurité et santé au travail, l’extension de l’assurance maladie aux travailleurs de l’économie informelle, etc.

Réponses du gouvernement.

Dans sa réponse aux préoccupations des travailleurs, le premier ministre Komi Selom KLASSOU a rassuré les centrales syndicales, saluant au passage les décisions annoncées par le Chef de l’Etat lors de son adresse à la nation le 26 avril 2019. « Les préoccupations que vous avez évoquées sont les nôtres. Nous allons y accorder une attention particulière car, rien ne vaut la paix », a-t-il-indiqué.

Le gouvernement pense aussi à ceux qui n’ont pas trouvé de travail. Pour cette raison et conformément aux orientations des Nations Unies, le Président de la République a demandé l’élaboration du Plan National de Développement (PND) 2018-2019. « Les ODD tels que prévus par les Nations Unies, comportent  17 objectifs. Le chef de l’Etat au regard de l’orientation donnée par les Nations Unies sur les 17 ODD, a fait élaborer le PND qui comporte trois axes », a précisé le Premier Ministre. Pour ce dernier, le premier axe du PND a fait l’inventaire des opportunités du pays. Il prévoit de faire du Togo un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre. « ça veut dire que de par la position de notre pays, nous devons chercher les moyens pour valoriser les atouts que constituent le Port Autonome de Lomé, le seul port en eau profonde de la sous-région qui vient de bénéficier d’une forte modernisation. Nous devons chercher à nous appuyer sur ce port pour créer de l’emploi à la jeunesse.  Aujourd’hui, nous avons à peu près 15 banques et établissements bancaires au Togo. Il faut qu’on puisse mettre une adéquation entre la formation et les besoins du marché du  travail pour donner de l’emploi à la jeunesse togolaise », a-t-il expliqué. Le deuxième axe demande de développer des pôles de transformation et le troisième une meilleure répartition des ressources du pays. « Ensemble, mobilisons-nous derrière le chef de l’Etat et avec son gouvernement, nous allons créer de la richesse pour notre jeunesse, favoriser l’autonomisation de la femme » a conclu le premier ministre.

Le ministre de la fonction publique, du travail, de la réforme administrative et de la protection sociale M. Gilbert  Bawara, pour sa part, a félicité le Chef de l’Etat pour sa précieuse impulsion visant à favoriser la consolidation du climat de paix et de stabilité sociale. Il a exprimé aux centrales syndicales la satisfaction du gouvernement pour l’esprit de dialogue et de concertation qui a prévalu sur toutes les préoccupations et questions touchant le monde du travail.

Le président du Conseil National du Patronat du Togo (CNP-Togo), M. Laurent TAMEGNON, a remercié le gouvernement pour son attention permanente aux doléances des travailleurs et ses efforts pour l’amélioration du climat des affaires (confère discours du Président 1er mai 2019).

Il convient de préciser que la Coordination des Centrales Syndicales du Togo (CCST) est composée de la Confédération Générale des Cadres du Togo (CGCT), la confédération nationale des travailleurs du Togo (CNTT), la confédération syndicale des  travailleurs du Togo (CSTT), le Groupe des Syndicats Autonomes (GSA), l’Union Générale des Syndicats Libres (UGSL) et l’Union Nationale des Syndicats Indépendants du Togo (UNSIT).

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