INTERVIEW DU PRÉSIDENT DU CONSEIL NATIONAL DU PATRONAT DU TOGO

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1) Monsieur le Président, le PND est lancé et la part du privé pour son éventuel succès a été chiffrée à 65% des financements attendus. Le président du patronat togolais que vous êtes se sent-il interpellé ? Avez-vous été consulté pendant l’élaboration de ce PND ? Quelle appréciation faites-vous de ce Plan ?

Bien sûr que le patronat togolais se sent interpellé. Il faut noter que le rôle premier d’une organisation d’employeurs est de promouvoir les activités de ses membres, à travers le développement des réseaux, des joint-ventures et surtout de faire de lobbying pour l’amélioration du climat des affaires.

 En rappel, le Conseil National du Patronat du Togo est une fédération d’associations professionnelles composé de 18 associations de tous les secteurs d’activités (les Industries, les BTP, les Transports routiers, les Navigateurs et Consignataire de navires, la zone franche, les PME/PMI, les assurances, les Pétroliers, les Banques, les Importateurs/Exportateurs, les Hôteliers, etc.).

 

Notre vision et notre ambition sont de faire que les opérateurs de tous ces secteurs d’activités puissent voir leurs chiffres d’affaires croître, s’améliorer 

Pour cette raison, nous n’avons pas lésiné sur les moyens pour prendre activement part à l’élaboration de ce document de programme. L’élaboration de cet important et ambitieux plan a été le fruit d’un processus de concertation de tous les partenaires au développement, y compris bien évidemment le Patronat, dans ses différentes composantes.

Au regard des objectifs de ce plan, le CNP-Togo, a élaboré son plan stratégique 2018-2022, adopté en mai 2018, qui est justement en lien étroit avec le PND.

 

En revanche, la mise en œuvre réussie de ce plan va nécessiter la mise en place d’un mécanisme de suivi-évaluation bien huilé.

2) Vous avez sans doute écouté les discours du chef de l’Etat, du professeur Carlos Lopes et des cinq experts, le jour du lancement du PND. En tant que patron des patrons togolais, quelles sont les attentes des chefs d’entreprise togolais ? Vos épaules sont-elles suffisamment larges pour reposer sur elles les 65% des financements attendus ? Quels conseils de méthode donnez-vous au gouvernement pour assurer le succès du PND ?

Comme je le disais plus haut, le PND est un ambitieux programme qui va nécessiter des investissements à plus de 4622,2 milliards de francs CFA, dont 2999,1 milliards pour le secteur privé, sur cette période de 2018-2022, avec pour objectif de générer au moins 500 mille emplois.  C’est assez énorme pour une période de 5 ans et le secteur privé national seul ne peut pas faire face à cet important défi. Le secteur privé entend tirer le maximum de profit aussi bien au niveau du hub logistique que  du pôle de transformation agricole, en mettant en place une stratégie de coopération avec les investisseurs étrangers. Nous devons développer les joint-ventures, les GIE (groupement d’intérêt économique). Dans ce sens, Il faudra aussi un bon programme de Partenariats Publics Privés (PPP) pour améliorer le climat des affaires et permettre au secteur privé de devenir plus performant. Dois – je vous dire que nous attendons dans la foulée, l’émergence des champions d’industrie du TOGO.

3) Le problème d’une main-d’œuvre bien formée est un réel souci au Togo, comme ailleurs en Afrique. Au niveau du patronat togolais, comment abordez-vous ce problème ? Que faire pour que ce problème ne soit pas un obstacle au succès du PND ?

Le problème de formation est effectivement un réel souci pour le secteur privé togolais. Il n’y a pas de développement sans ressources humaines qualifiées. A ce problème d’adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail, l’Etat tente d’apporter quelques solutions, par la révision des curricula de formation dans les universités publiques et privées, la mise en place d’excellents centres de formation technique à l’instar du Centre de Formation pour les Métiers de l’Industrie (CFMI). Ce centre a été créé dans le cadre du Partenariat Public Privé (PPP) et financé par l’Agence Française de Développement (AFD). Il a une autonomie de gestion et se fixe comme objectif de combler le vide en formant des techniciens qualifiés dans les métiers de l’industrie. C’est d’ailleurs fort de ce succès qu’un second centre de formation au métier de l’industrie ouvrira bientôt ces portes, de même qu’un centre de formation aux métiers des BTP.

 L’Etat a également, en collaboration avec la GIZ, assuré le perfectionnement des artisans dans trois(03) villes (bientôt six(06) villes) par la formation ‘‘Système duale coopératif’’ qui est une alternance de formation en atelier et dans un centre de formation. 

Nous avons également dans notre plan stratégique envisagé une formation des employeurs en matière d’anticipation des besoins de compétences pour leurs entreprises.

Pour le succès du PND, nous pensons  les dispositions idoines doivent être prises autant par le patronat que par le ministère en charge de l’enseignement technique.

4) Pouvez-vous nous parler de vos relations avec les pouvoirs publics ? Le dialogue est-il permanent et constructif ?

 Les relations du patronat avec les pouvoirs publics sont au beau fixe. Il y a une concertation à chaque fois que de besoin avec les plus hautes autorités. Le Chef de l’Etat a créé un cadre de dialogue entre le Gouvernement et le Secteur Privé. Ce cadre doit être davantage dynamisé pour affronter les nombreux défis qui nous attendent.

5) Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Nous félicitons le Gouvernement togolais pour ce Programme important de développement que constitue le PND. Mais une chose est de planifier, autre chose est la mise en œuvre. J’invite tous les opérateurs économiques togolais à saisir les opportunités qui leur sont offertes à travers le PND et surtout à développer chacun une veille informationnelle et à se mettre en réseau pour être plus performant. C’est justement dans ce cadre qu’il sera organisé les 13 et 14 juin 2019, un forum économique UE-Togo à Lomé.

Nous invitons également tous les opérateurs économiques togolais à y massivement prendre part, dans l’optique d’un partenariat gagnant-gagnant avec leur homologue du nord.

 Nous sollicitons aussi le Gouvernement pour veiller à maintenir et consolider un environnement propice pour la promotion des affaires.

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